En s’engageant sur des objectifs climatiques ambitieux, l’Europe met-elle en risque sa compétitivité économique ?
Au lendemain des négociations de Kyoto, les craintes de voir surgir de nouveaux freins à la croissance des grands groupes européens se multiplient. Alors que d’autres régions du monde ne semblent pas enclintes à un engagement rapide dans la lutte contre le changement climatique, l’Europe affiche une ferme volonté d’intervention. En alourdissant les coûts de production, les taxes sur les émissions de gaz carbonique risquent « d’asphyxier » les grandes industries européennes en portant préjudice à leur compétitivité.
L’inaction face au changement climatique est très coûteuse. La marge de manoeuvre pour une lutte économiquement efficace pour la réduction des émissions de CO2 est donc importante. Les objectifs ambitieux affichés par l’Europe (par exemple la stabilisation des concentrations à 450 ppm d’équivalent CO2) appèlent à un important changement structurel qui implique l’accroissement de coûts et de risques que devra supporter et gérer l’économie européenne. L’efficacité de la lutte contre le changement climatique dépend d’une combinaison optimale des différents instruments économiques (taxe, permis d’émission) selon les secteurs d’activités (à pollution concentrée ou diffuse). Les coûts d’un changement de norme et de mentalité supportés par certains secteurs peuvent être compensés par le développement ou l’émergence de nouveaux secteurs. Le progrès technologique joue un rôle essentiel. D’une part il accroît l’efficacité énergétique, de l’autre il génère l’émergence de nouveaux secteurs d’activités. Les innovations sont et doivent continuer d’être soutenues par les autorités publiques pour qui il s’agit de faire accepter l’idée que l’action face au changement climatique est économiquement rationnelle. (…)

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